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VERGNE PIERRE

 

 

 

Né le 7 octobre 1922 à Rabat, Pierre Vergne fut élève du lycée Gouraud de 1930 à 1940 ; il suivait en même temps les cours du conservatoire de musique.

Dans la fièvre où vécut la jeunesse française d'Afrique du Nord au cours des années qui suivirent notre défaite, Pierre Vergne sentit naître en lui la vocation des armes et, abandonnant ses études, il s'engagea.

Affecté au 64e régiment d'artillerie à Meknès, il combattit en Corse dès 1943, puis fit la campagne d'Italie; sous-officier orienteur, il appartenait au détachement avancé de reconnaissance du groupe et, à ce titre, se trouvait particulièrement exposé.

Au cours des mois d'avril et mai 1944, dans la période de préparation de la grande attaque alliée du 11 mai, il fut souvent détaché dans les observatoires d'artillerie et se fit constamment remarquer par son courage et son sang-froid. « Un petit gars magnifique », dit de lui son chef le lieutenant-colonel Le Page.

A partir du 11 mai, il participe aux grandes attaques de l'infanterie, marchant au plus près de la ligne de feu avec les éléments de tête sous le bombardement de l'ennemi et dans les zones minées, se distinguant particulièrement au passage de l'Ausente et dans le Petrella. Le 18 mai à Valle Piana il participe avec ses chefs à une reconnaissance

avancée ; l'ennemi aperçoit le détachement ; aussitôt un canon automoteur ouvre le feu : le maréchal-des-logis Pierre Vergne est atteint d'un éclat en plein cœur.

Une sobre citation à l'Ordre de l'Armée relate les circonstances de sa mort.

« Jeune sous-officier plein d'allant, toujours prêt pour les missions difficiles. Le 18 mai, au cours d'une reconnaissance avancée à Valle Piana (Italie) pris sous un tir violent d'artillerie a été mortellement blessé alors qu'il s'efforçait, malgré le danger, d'exécuter les ordres reçus ».

La présente citation comporte l'attribution de la Croix de guerre avec palme.

La splendide tenue au feu du maréchal-des-logis Pierre Vergne pendant toute la campagne d'Italie est évoquée plus explicitement encore dans le rapport qui motive la proposition pour la Médaille militaire dont il a été l'objet à titre posthume.

« Magnifique d'allant et d'enthousiasme... ; effectuant ses missions sous un feu meurtrier au milieu des champs de mines... ; toujours en tête de la progression... ».

Ainsi s'exprime l'admiration de ses chefs pour la brève mais brillante carrière de Pierre Vergne, mort pour la France à 21 ans.