vallier.jpg (8713 octets)

VALLIER ROBERT

 

 

Né le 31 mai 1923 à Marseillan (Hérault), Robert Vallier fit toutes ses études secondaires au lycée Gouraud ; il terminait son baccalauréat lorsqu'il fut appelé sous les drapeaux à l'heure où commençait la deuxième phase de la guerre mondiale, celle qui apparaîtra plus tard, pour nous tous, Français, comme la phase typiquement nord africaine du conflit. Incorporé au 2e R.T.M., Robert Vallier n'a connu qu'une courte carrière militaire : soldat,

il a vécu l'espace d'une victoire.

C'était l'heure historique entre toutes, celle que les survivants du corps expéditionnaire français d'Italie n'oublieront plus, la nuit du 11 mai... Le crépuscule était tombé sur les monts Aurunci, suivi d'une nuit épaisse où les sommets et les vallons n'étaient plus perceptibles. Tassés dans les abris ou les creux de rochers, parfois à trente mètres du guetteur ennemi, les hommes attendent l'heure de l'assaut car c'est en même temps l'heure de la revanche ; quatre ans plus tôt, presque jour pour jour, le 10 mai 1940, les « panzer » allemandes s'étaient ruées sur la France ; le 11 mai 1944 toute l'armée d'Italie vécut la même attente d'exaltation silencieuse...

A 23 heures précises, trois cents canons crachent leurs obus sur les monts Feuci, Girofano, Faito et sur le Mas Ruggero : les sections marocaines débouchent. Robert Vallier grièvement blessé dans le combat est acheminé vers un centre chirurgical ; le 11 mai il succombe des suites d'une amputation.

Sans doute est-il mort après avoir appris que l'objectif proposé aux troupes du C.E.F. avait été occupé et dépassé. De l'avant à l'arrière, des troupes de choc aux formations sanitaires, tous les combattants de l'armée d'Italie connurent l'ordre du jour du général Juin du 13 mai :

« Je demande à tous de redoubler d'efforts et de vigueur. Le magnifique succès d'hier est le gage de la victoire de demain. En avant ».

Robert Vallier et tant de ses camarades avaient achevé leur tâche ; et doucement il entra dans l'immense paix où reposent les soldats morts au combat.