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TALARICO ALBIN

 

 

Né à Akbou en Algérie, en 1920, l'année même où son père mourait des blessures reçues au cours de la guerre 1914-1918, Albin Talarico pupille de la nation, fut recueilli quelques années plus tard par celle qui se consacra avec tant de dévouement à son éducation : sa tante Mme Jean Marimbert née Talarico. Le jeune Albin entre au lycée Gouraud en 1933. Il est sur le point de terminer ses études secondaires lorsque le conflit éclate.

Albin Talarico s'engage alors au 1er R.T.M. Avec cette glorieuse unité il participe à la libération de la Corse, aux opérations en Italie, où il débarque quelques jours avant l'attaque décisive du 11 mai 1944. Il remonte la botte, toujours en avant de ses camarades car il opère à la section de déminage du régiment ; travail d'un héroïsme particulier, constamment obscur, constamment dangereux que celui des hommes chargés de dépister les pièges et de frayer les voies aux fantassins et aux chars ; chaque jour, chaque instant, le démineur offrait sa vie.

Au mois de juin, Albin dresse une sorte de bilan :

« Dans ma compagnie, je reste seul des anciens du lycée ! Je salue bien bas les dépouilles de mes chers camarades. Ils sont tombés pour nous tous. Ils sont de ceux que nous n'oublierons jamais. Les morts nous gardent ». Dans le même secteur, à ses côtés, il a vu tomber deux anciens élèves du lycée Gouraud : le sous-lieutenant Jean Mistral, son chef de section, et son camarade Bonnassieux. A la fin de la campagne d'Italie, le démineur Talarico a été proposé pour la Croix de guerre avec la citation suivante :

« Chef d'équipe de la section de mines, a participé à de nombreuses missions de poses de mines et de déminages. A obtenu un très bon rendement de son équipe pendant la période du 22 au 30 juin 1944, pendant laquelle sa section fut à la disposition du groupe blindé sur l'axe Casale-Sienne ».

Au mois d'août 1944, il débarque en France sur les côtes de Provence ; il participe à la libération de Marseille, de Grenoble, à la bataille d'Alsace. Le sort l'avait épargné. Hélas, le 3 avril 1945, quelques semaines avant le « Cessez-le-feu », Albin Talarico était tué à Linsdorf a son poste de combat.

Il avait vécu l'avance victorieuse de l'armée française, mais, comme un piège monstrueux, la terre allemande s'était refermée sur lui.