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SANANES JACQUES

 

 

Jacques Sananès était né le 3 décembre 1914 a Sidi-bel-Abbès. Après avoir préparé au lycée d'Oujda le concours d'élève-maître, il vint à ce titre au lycée Gouraud où il passa 3 ans, de 1932 à 1935.

Intelligent, travailleur, il réussit à son baccalauréat et fit un stage l'année suivante comme instituteur auxiliaire à l'école de la Tour Hassan ; c'est dans cette école en effet que se faisait la formation professionnelle des futurs instituteurs à qui l'on confiait successivement diverses classes sous la direction pédagogique de maîtres expérimentés.

Voici les notes qu'en fin d'année M. Piquin, directeur de l'école, inscrivait au dossier du jeune Sananès :

« Correct, dévoué, intelligent et extrêmement consciencieux, Monsieur Sananès n'a mérité comme élève-maître que des éloges.

Il a réussi particulièrement bien avec les petits élèves des cours préparatoires et élémentaires ».

Et tout au cours de sa trop brève carrière d'instituteur, Jacques Sananès méritera d'aussi élogieuses appréciations qui mettent en valeur ses remarquables qualités morales de conscience, de dévouement de bonté. Lors du certificat d'aptitude pédagogique passé en octobre 1936 à l'Ecole européenne de Taourirt, la commission note dans son rapport « Le maître est doux, patient

et bienveillant ».

De même encore lorsqu'après son service militaire, Jacques Sananès a été nommé à l'Ecole israëlite de Settat, l'inspecteur qui passe en novembre 1938 remarque l'ambiance qu'en quelques semaines le nouveau maître a su créer dans l'école, et il écrit à ce sujet :

« L'éducation se caractérise par la fixation des bonnes habitudes et le développement du sens moral : le maître paraît offrir un vivant exemple ». Et dans son appréciation d'ensemble il ajoute que M. Sananès « se donne de tout cœur à sa tâche ».

Et voilà que par une cruelle ironie du sort, ce jeune maître qui commence son apostolat, qui se prépare à faire une carrière toute de douceur et de sollicitude auprès de ses jeunes élèves, est pris par la guerre juste au moment où il venait enfin d'installer avec lui ses vieux parents. Il tombe en mai 1940 à la tête de sa section du 1er zouaves dans la région des Flandres.

A sa mère angoissée qui depuis l'offensive allemande est sans nouvelles de son fils, le comité international de la Croix-Rouge de Genève adresse le 19 novembre 1940 la lettre suivante :

Madame,

En réponse à la demande que vous nous avez adressée le 22 juin 1940 concernant le sous-lieutenant Sananès Jacques du 1er régiment de zouaves, nous avons l'honneur et le triste devoir de vous informer que les dernières listes officielles du ministère de la guerre allemand reçues à Genève portent le renseignement suivant :

Sananès Jacques, né à Sidi-bel-Abbès le 3 décembre 1914 est tombé au champ d'honneur ; le lieu de sépulture est encore inconnu ».

Et l'on n'en saura pas davantage sur les circonstances de sa mort.

Une seule certitude pour ceux qui l'ont connu : Jacques Sananès « tout vibrant d'ardeur contenue et de dévouement » ainsi que l'a dépeint le directeur de l'instruction publique, lors de l'inauguration de la stèle commémorative à l'école de la Tour Hassan, Jacques Sananès en toutes circonstances a modestement mais vaillamment fait son devoir jusqu'au bout.