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ROUCHON JACQUES

 

 

Né à Sedan (Ardennes) le 15 janvier 1921, Jacques Rouchon a commencé ses études au collège de sa ville natale. Venu à Rabat en 1934 il entre au lycée Gouraud et réussit aux deux parties du baccalauréat. En 1939 dans la situation où se trouvait la France, il sent naître en lui la vocation militaire et il suit les cours de préparation à l'Ecole de Saint-Cyr en même temps que ceux de préparation militaire supérieure au C.R.I.P. de Rabat.

La première phase de la guerre et la défaite le surprennent avant qu'il ait eu le temps de servir. Mais en novembre 1942, il rejoint l'Ecole des élèves officiers de Médiouna d'où il sort, en mai 1943, comme aspirant, affecté à la 10e compagnie du 1er tirailleurs marocains à Port-Lyautey. C'est comme chef de section d'infanterie qu'il va participer aux combats de la campagne : merveilleux entraîneur d'hommes, il débarque en Corse et prend une part active aux combats qui assureront la délivrance de l'île.

Le voici en avril sur les bords du Garigliano où, derrière le rideau de troupes que constitue la 4e division de montagne, à laquelle appartient son régiment, le général Juin prépare la grande offensive de printemps. A partir du 11 mai 1944 Jacques Rouchon est de tous les combats ; la percée du front ennemi en mai ouvre la route de Rome. Jacques Rouchon se distingue constamment par son mépris du danger et son courage. Les combats d'Italie, après la percée, sont des combats de fantassins ; ni l'aviation, ni les chars ne sont d'un grand secours dans un pays très vallonné que les jardins, les vignes et le maquis rendent propice à la défensive. Les chefs de section paient de leur personne quotidiennement entraînant chaque fois leurs hommes sur les objectifs savamment dissimulés. Jacques Rouchon qui a fait une brillante campagne de Toscane, s'est tiré sans accroc des dangers qui ont coûté la vie à tant de chefs de section.

Mais la campagne pour lui comme pour ses camarades du C.E.F. n'est pas terminée : ce sera la troisième traversée en mer, avec, cette fois, au bout du chemin, la douceur des pins de Provence et des petites plages de chez nous. De nouveau, les divisions marocaines sont engagées dans les combats qui crèveront le front de Belfort, puis liquideront la poche d'Alsace ; le 2 mars 1945, le sous-lieutenant Jacques Rouchon sautait sur un champ de mines devant Kembs. Après avoir réalisé les tâches les plus dures : montrer à l'ennemi que le jeune français de 1944 était digne de son passé et libérer la France, Jacques Rouchon est venu mourir au bord du Rhin comme s'il avait atteint l'étape essentielle, celle où le bon ouvrier peut s'accorder un repos mérité. Trois citations racontent la magnifique bravoure de ce témoin d'une année chargée de combats glorieux :

A l'Ordre de la Division :

« Chef de section plein d'allant, qui avait déjà fait ses preuves pendant les combats de Corse et dont la magnifique ardeur combative n'a fait que s'affirmer pendant les opérations de mai 1944. S'est distingué le 27 mai 1944, où chargé d'aller se porter

en protection d'un point particulièrement exposé, il entraîna ses hommes en avant malgré un tir d'artillerie violent et ajusté avec un parfait mépris du danger ».

A l'Ordre du corps d'Armée :

« Le 18 juin, lors de l'attaque des lignes de défense d'Aridosso, une partie de sa section étant clouée au sol par une mitrailleuse ennemie, n'a pas hésité à s'inflitrer avec un groupe jusqu'à proximité de la résistance allemande et, faisant mettre baïonnette au canon, a bondi sur l'ennemi qui s'enfuit en abandonnant ses armes et en laissant plusieurs cadavres sur le terrain. Le 19 à l'attaque de Montelaterone, a entraîné sa section sous un tir violent et ajusté des mitrailleuses allemandes jusqu'à son objectif avec un parfait mépris du danger ».

A l'Ordre de l'Armée (à titre posthume) :

« Chef de section d'un cran et d'un allant exceptionnels, animé d'une magnifique ardeur combative. Avait donné sa mesure dans les combats de Corse, d'Italie, d'Alsace ou il avait acquis une solide réputation de chef à la bravoure calme et à la décision rapide et juste. Deux fois cité. Vient de trouver la mort le 2 mars 1945, devant Kembs, en sautant sur un champ de mines dont il effectuait la reconnaissance en vue de l'organisation de sa position.

Cette citation comporte l'attribution de la Croix de guerre avec palme. Le sous-lieutenant Rouchon avait été décoré de la Croix de guerre avec étoile de vermeil et étoile d'argent pour sa vaillante conduite en Italie.