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Paumier Alphonse

 

Né le 3 février 1914, Alphonse Paumier a été élève du lycée Gouraud de 1928 à 1933. Il y revient comme répétiteur, du ler octobre 1935 au 20 octobre 1937.

Attiré par l'aviation, il délaisse l'enseignement et passe son brevet de pilote civil puis réussit au concours d'entrée à Istres. Sorti premier de l'école, il est affecté au camp d'aviation de Reims, puis de Caen où il fait son apprentissage sur bombardier lourd. Il accomplit plusieurs missions de guerre en qualité de sergent-chef pilote.

Le 6 juin 1940, il part de Tavaux (Jura) à 13 heures 30 avec, pour objectif, le bombardement de Chaulnes : ils sont seize, unis par un même idéal pour accomplir leur " mission de sacrifice ". Au dessus de Roye, les quatre bombardiers sont poursuivis, harcelés par une vingtaine de Messerschmidt. La mission accomplie, trois bombardiers réussissent à s'échapper, un s'écrase en flammes dans les lignes françaises, l'équipage est sauvé ; les deux autres atterrissent sans dommage ; le 4e, piloté par Alphonse Paumier et dont l'objectif était le plus éloigné, ne peut franchir le barrage fait par l'ennemi : une aile se détache, l'avion prend feu et éclate en plein ciel ; le pilote est projeté hors de l'avion.... L'abbé Mandin de l'archevèché de Paris qui a assisté au combat se précipite au secours du parachutiste dont la voilure blanche s'est ouverte. Les Messerschmidt reviennent et mitraillent en plein vol le pilote qui s'abat, mourant dans un champ de blé.

Dans le coma, Alphonse Paumier est transporté au château de Villeneuve Bargemont à Davenescourt (Somme), l'absolution lui est donnée par l'abbé Mandin qui prononce quelques instants plus tard le " De Profundis , en présence des officiers et des médecins. Il est 16 heures. A une heure du matin, l'ordre de se replier arrive ; le corps du héros est transporté au château de Laborde chez le comte de Beynast, dans l'Oise. Le 7 juin à 16 heures sous un bombardement intense, il est inhumé dans son parachute ; les honneurs militaires lui sont rendus. Il repose dans un petit cimetière de campagne à Sains Morainvillers.

Des trois autres occupants du Léo 45 ou n'a rien retrouvé, les corps ont été carbonisés. Il ne reste de ces quatre héros que cette citation à ]'Ordre de l'Armée aérienne comportant attribution de la Croix de guerre avec palme :

" Equipage d'une grande valeur, volontaire pour toutes les missions délicates, a toujours fait preuve d'un allant remarquable et en particulier le 6 juin 1940, à l'occasion d'une mission de bombardement au cours de laquelle il a été l'objet d'attaques particulièrement violentes de la chasse ennemie ".