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LATRON JEAN-MARIE

 

Le destin de Jean-Marie Latron peut illustrer quelques scènes rapide de servitude et grandeur militaires.

Né à Agadir le 27 février 1923 il reçoit à 14 ans la médaille de sauvetage. Son rêve est d'être officier ; la défaite qui le surprend à 17 ans l'encourage plus fermement encore dans cette voie ; le voici candidat à Saint-Cyr après d'excellentes études secondaires au lycée Gouraud. Au lycée Lyautey il se fait remarquer par une sorte de fanatisme dans sa préparation : toujours sérieux, se pliant déjà à la discipline militaire, ne laissant rien au hasard, à chaque interrogation il se présente à ses professeurs avec la même rectitude, la même domination de soi-même : il est déjà officier avant d'être reçu. Ses succès sont tels qu'il devient le porte-drapeau de la "Corniche" de Casablanca et en août 1942 Jean-Marie Latron connaît sa première victoire : il est reçu 7e sur 350 au concours d'entrée de l'Ecole militaire de Saint-Cyr.

Mais à Aix-en-Provence où l'Ecole de Saint-Cyr s'est repliée les jeunes cyrards doivent subir l'humiliation consécutive au débarquement des troupes alliées en Afrique du Nord : l'école est dissoute par les allemands dans des conditions particulièrement odieuses. Jean-Marie cherche à s'enfuir et en juin 1943, après des péripéties mouvementées, il réussit à rejoindre l'Afrique du Nord pour reprendre le combat dans les rangs de la 5e blindée.

C'est près de son char qu'il succombe le 18 novembre parmi les boqueteaux et les vallons de la trouée de Belfort, où l'automne, un automne tardif, a fait flamber toutes ses teintes éclatantes pour le plus grand émerveillement des jeunes français d'Afrique du Nord. Aux portes d'Héricourt que sa division devait enlever rapidement Jean-Marie Latron est tombé glorieusement dans les conditions que la citation précise :

" Jeune officier d'une bravoure et d'un allant au-dessus de tout éloge. Au cours du nettoyage du village de Laire le 16 novembre 1944, sut, tout en animant directement le nettoyage des maisons, remplacer son chef blessé et rester maître de la situation. Le 18 novembre devant Brevillers, ayant eu son char détruit, a changé de char pour continuer le combat. Blessé mortellement alors que, privé de sa radio, il était descendu pour donner des ordres. Reste pour son escadron un modèle de bravoure et de sang froid ".

Vigny eût aimé ce jeune centurion d'Afrique, parti du Sud marocain pour venir porter à la France encore occupée la pure offrande d'un fils né en terre lointaine : une destinée courte et bien remplie.