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LARIAU PIERRE

 

Pierre Lariau est né le 10 août 1923 à Bordeaux ; il est mort dans les Vosges le 3 novembre 1944. Il avait 21 ans.

Ce solide et fier garçon aux yeux vifs, toujours riant, toujours prêt à rendre service, était sympathique à tous ; il était l'image même de la bonne humeur, de la droiture, de l'amitié.

Ses professeurs aimaient sa bonne volonté, son désir sincère de bien faire, son enthousiasme et, excellent élève, il réussissait aussi bien en lettres qu'en mathématiques.

Il aimait la poésie, le théâtre et il faisait des vers, jouait des pièces...

Il avait la passion des sports: voile, aviron, tennis, natation et il remportait partout des succès.

Ses camarades appréciaient sa loyauté, son courage, la fermeté de son amitié : " On petit compter sur lui " disaient-ils. Loyauté, camaraderie, patriotisme, attachement indéfectible à son idéal, ces qualités maîtresses illuminent cette courte mais brillante existence.

A ses parents qui auraient voulu le retenir encore sur les bancs du lycée en 1943, Pierre Lariau répond qu'il désire servir. Il les aime de tout son cœur mais il brûle de partir.

Sa famille n'a-t-elle pas l'habitude de ces sacrifices ?

 

Son aïeul paternel est mort pour la France en 1914, son grand'père maternel a été aussi un combattant de 1914-1918, son père lui-même mobilisé en 1939-1940 a combattu de 1916 à 1918, est revenu de cette " Grande guerre ", dont il a connu les horreurs pendant deux ans, avec 4 citations, 3 blessures, la Médaille militaire à 21 ans.

Pierre ne suit-il donc pas ici une tradition familiale ?

Ainsi ces pauvres parents voient partir leur fils unique.

Reçu aux examens de l'école de maistrance, il est affecté à Toulon en octobre 1943. Le sabordage de la flotte le laisse pour quelque temps à Valence du Rhône où il se camoufle en employé de banque. Va t-il renoncer à son périlleux destin ?

Aux prix de mille difficultés, affrontant de graves dangers il parvient, au contraire, à gagner les Pyrénées, à passer la frontière. Hébergé par des paysans espagnols il est malheureusement appréhendé par des gendarmes et mis en geôle à Pampelune, puis en forteresse à Totana.

Son incarcération dure des mois et il souffre mille tourments. Libéré il parvient enfin au Maroc, il peut embrasser ses parents.

Mais très vite il veut repartir au combat : " Je ne reviendrai que lorsque j'aurai une brochette comme toi " disait-il à son père dont il envie les lauriers militaires... Il choisit les chars et part au 6e chasseurs pour la campagne de France. Débarquement à proximité de Marseille, vallée du Rhône, les Vosges.

Et un jour, alors que, de retour d'une mission glorieusement remplie, il rentrait à Gérardmer inquiet de l'absence de camarades, il voulut aller à leur secours. Ce fut alors qu'il tomba, mortellement blessé par une mine.

Pierre Lariau a été cité à l'Ordre de l'Armée :

" Chargeur au canon de 75 de char, jeune et intrépide, ayant un parfait mépris du danger. A l'attaque du Haut du Tot, le 3 novembre 1944, a servi son arme avec rapidité, permettant d'infliger des pertes sérieuses à l'ennemi. Descendu de son char pour participer à la réparation de la chenille détériorée par une mine, a été mortellement blessé ".

Attribution de la Croix de guerre avec palme.

Courage, esprit de sacrifice, dévouement à la patrie, fidélité à ses amis, ce jeune héros n'a-t-il pas possédé au plus haut degré les vertus les plus nobles de notre race ?