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Jorrot Robert

Une figure ouverte, dont une chevelure bouclée faisait ressortir l'expression parfois pensive. Des yeux gris clair, éclairant tout, dont le regard se devinait tourné aussi bien vers la vie extérieure que vers les mystères et les incertitudes du dedans. Au total, un beau garçon vibrant, avide de savoir, travailleur scrupuleux et minutieux dont le soin et la tenacité firent souvent l'admiration de ses professeurs : tel était Robert Jorrot.

Il était né à Rabat le 11 février 1923. Il grandit paisiblement dans sa ville natale, accomplit de solides et brillantes études au lycée Gouraud de 1930 à 1942.

La vie militaire le prit aussitôt après son baccalauréat de philosophie. Après une rude période d'instruction à Camp-Boulhaut, il fut versé en 1943 au 1er régiment de tirailleurs marocains.

Nature ardente et avide d'absolu, Robert Jorrot accueillit avec une fièvre héroïque la nouvelle du prochain départ de son unité pour l'Italie.

Hélas ! Ne l'attendait prématurément que l'amertume de l'évacuation, et bientôt, du suprême sacrifice loin de ses camarades de combat. Sur le chemin même qui emportait ceux-ci vers l'action et la gloire, Robert Jorrot, frappé en service commandé d'une maladie aussi sûrement meurtrière que le feu des batailles, mourut le 12 juillet 1943 à l'hôpital militaire de Tlemcen.

Il doit être considéré comme le premier tombé sous les plis d'un drapeau appelé à venger précisément tous ses morts dans le ciel de Rome, de Sienne et de Florence.