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Jean-Mistral Henri

" Par sa mort héroïque il laisse à tous le plus bel exemple de courage et d'abnégation "

Le sous-lieutenant Jean-Mistral Henri, né à Marseille le 10 août 1917, a fait ses études secondaires, de la sixième au baccalauréat, au lycée Gouraud, et ses études de droit au centre d'études juridiques de Rabat. Inscrit comme stagiaire au tableau de l'Ordre des avocats de Rabat en 1939, il fut mobilisé (B.P.M.S.) le 16 septembre 1939 et nommé aspirant le 20 janvier 1940. Démobilisé le 14 septembre 1940, il fut rappelé au 1er R.T.M. le 18 novembre 1942.

Comme aspirant, il obtint, en Corse, la citation suivante (Ordre de la Brigade n° 12) :

" Jeune aspirant plein d'entrain, ayant de l'initiative et le goût du risque. Comme chef de section de sapeurs mineurs du régiment s'est distingué en effectuant avec ses équipes un travail de déminage délicat et dangereux dans la région de Borgo (Corse) en janvier 1944. Payant d'exemple, a, grâce à sa compétence et aux excellentes dispositions prises, su éviter tout accident, malgré les conditions d'insécurité permanente dans lesquelles il a travaillé ".

Nommé sous-lieutenant en mai 1944, il obtint dans ce grade ces deux citations, à l'Ordre de la Division : (l'Ordre n° 8) :

" Chef de la section de mines du régiment, s'est dépensé sans compter pendant la période du 12 au 29 avril 1944 au cours de laquelle il a fait exécuter, de façon minutieuse et précise, des travaux de déminage et de pose de champs de mines anti-chars et anti-personnels en avant de nos lignes dans une zone fréquemment parcourue par les patrouilles ennemies. Chassé par celles-ci à trois reprises de son chantier, a repris imperturablement son travail aussitôt l'ennemi repoussé. Le 29 avril, au cours d'une mission de nuit, son sous-officier adjoint, son premier chef d'équipe et deux travailleurs ayant été blessés, les a fait évacuer, a réorganisé son plan de travail avec le plus grand sang-froid et n'est rentré que sa mission complètement terminée ".

Ordre n° 41 :

" Chef d'une section de déminage détachée au groupement blindé Dodelier a fait preuve, au cours des opérations du 23 au 29 juin 1944, d'une bravoure et d'un allant magnifiques. Toujours en tête des éléments de reconnaissance, a permis au groupement une progression régulière dans un terrain truffé de mines grâce à l'efficacité de son action, coordonnée avec celle du Génie.

A relevé plus de deux cents mines sur 15 kilomètres malgré de violents bombardements d'artillerie et sous les feux des armes automatiques, en particulier le 24 juin devant Casale le 26 juin il Potitone et le 27 juin devant San Lorenzo ".

Henri Jean Mistral fut tué au cours de la nuit du 9 au 10 juillet 1944 en avant de San Gimignano : il sauta sur un cordon de mines et il n'est rien resté de lui qu'un grand souvenir.

Il a été fait chevalier de la Légion d'honneur, avec la citation suivante :

" Chef de la section de mines de la C.A.C. chargé le 9 juillet 1944 de déminer un gué au nord de Castel San Gimignano, ayant trouvé une mine suspecte, n'a voulu laisser à aucun de ses subordonnés le soin de la relever.

Surpris par un piège nouveau, a sauté avec l'engin, disparaissant sans laisser la moindre trace.

Par sa mort héroïque, il laisse à tous le plus bel exemple de courage et d'abnégation ".