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Humblot de Gerus Jean Marie

Dans la longue liste de nos morts glorieux beaucoup sont tombés en pleine victoire : ils avaient vécu dans l'attente de la reprise des hostilités et lorsque l'occasion se présenta, à la suite du débarquement allié, toute la jeunesse nord-africaine se rua à l'assaut. Sur les routes de Rome ou de Sienne, à travers les paysages de France un immense espoir les portait : celui de la victoire totale. Dans la lutte désespérée qui marque les journées de juin 1940, la destinée de Jean-Marie de Gérus atteint à un pathétique d'autant plus bouleversant que l'âcre amertume de la défaite n'a cessé de se mêler, dans ses derniers instants, à une vitalité et à une volonté de vaincre peu communes.

Né le 6 octobre 1916, il fréquenta le lycée Gouraud dès l'âge de dix ans et fut élève de notre établissement jusqu'à la fin de la Première. Il se faisait remarquer par sa douceur et sa parfaite éducation fondée sur la tradition religieuse familiale. Il prépara ensuite et subit avec succès le concours d'entrée à l'Ecole militaire de Saint-Cyr, dans la promotion baptisée " la plus grande France ".

Sous-lieutenant d'infanterie de ligne, il se trouve dans l'Est lors du pénible hiver 1939-40, au cours duquel comme tous les jeunes avides d'action, il se morfond dans la " drôle de guerre ". L'attaque allemande du 10 mai 1940 le trouve prêt à remplir sa mission car il est de ceux qui voulaient lutter à tout prix. Le 9 juin 1940 à Buzaney (Meuse) le sous-lieutenant Humblot de Gérus meurt dans des conditions si héroïques que le texte de la citation portant nomination dans l'Ordre de la Légion d'honneur dira de lui :

" Officier de haute valeur morale, magnifique exemple du devoir et d'abnégation. Deux fois blessé au matin du 9 juin 1940, a conservé son commandement, refusant les soins que voulaient lui prodiguer ses hommes, les maintenant à leur emplacement de combat contre les éléments ennemis arrivés au corps à corps, les galvanisant par sa volonté farouche de résistance et son esprit de sacrifice. Est tombé mortellement atteint d'une troisième blessure au cours du combat ".

J'imagine que si, un jour, la France voulait exprimer sa gratitude à la jeunesse française de l'Afrique du Nord, c'est l'attitude magnifique de Jean-Marie Humblot de Gérus et son visage même qu'elle choisirait pour exalter un combattant grand entre tous, puisque, à l'heure où tout semblait perdu, il continuait à animer ses hommes de la volonté de vaincre et à maintenir son corps meurtri sur la ligne de feu.