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Herlaut Jacques

Il est né à Rabat, a vécu son enfance à Tanger, puis est revenu à Rabat au lycée Gouraud, où il suit les cours de philosophie ; il est doux et espiègle, imaginatif et cordial, avec un regard tendre, comme tourné vers ses rêves d'enfant qu'il ne veut pas quitter. La défaite a créé en lui un immense besoin d'évasion : s'en aller rejoindre les forces françaises libres par tous les moyens. Tanger, si près de Gibraltar, est la ville de la tentation héroïque : avec ses camarades de lycée, il discute ferme et arrive à la seule conclusion qu'il juge acceptable :

" Par tous les moyens rejoindre l'Angleterre et se battre ".

Il passe le détroit, arrive à Gibraltar, rejoint Londres, le 26 avril 1942. Il entre à l'école des cadets et se prépare au débarquement avec les forces alliées. Il écrit de Londres le 17 juillet 1944, tandis que la première tête de pont est consolidée sur la côte normande :

" j'attends l'heure des combats et je la vois arriver avec joie "

et encore : " J'espère bientôt mettre le pied sur le sol de notre France ".

Jacques Herlaut ne connaîtra du combat terrible des blindés que la première rencontre : la mort a sauté sur l'enfant de jadis qui était venu l'affronter de son regard limpide. Une citation magnifique à l'Ordre de l'Armée raconte la fin du jeune volontaire des Forces Françaises Libres, tué en pleine action, à son poste de combat.

" Jeune chef de peloton, plein d'allant et d'entrain ; peu de temps après avoir été engagé, le 10 août 1944, avec son peloton a, par des manœuvres d'encerclement, détruit un grand nombre d'ennemis et a livré du terrain à l'infanterie. Pris à partie par un canon antichar et un char ennemi, a détruit le premier, tiré sur le second et est mort glorieusement à son poste de commandement, tué dans sa tourelle par un obus ".

Croix de guerre avec palme, Médaille militaire.