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GUILLON-VERNE HERVÉ

Grand, mince, élancé, d'une distinction rare, discrète et souriante, à la fois, Hervé Guillon-Verne n'a raconté à personne qu'il est au Maroc en exil, qu'il a quitté la France pour échapper à l'ennemi et qu'il compte bien y rentrer triomphant. Sa famille n'a aucune nouvelle de lui à partir du moment où il a quitté la métropole en novembre 1942. Elle l'imaginera encore sur les bancs de quelque école lorsque le 20 octobre 1944, cinq mois après sa mort glorieuse, elle apprendra qu'Hervé est tombé en pays toscan.

Né à Nantes le 11 janvier 1923, il commence la préparation du concours d'entrée à l'école militaire de Saint-Cyr. Le débarquement allié précipite les événements : reçu à l'Ecole des aspirants de Cherchell, il en sort en avril 1944 avec le N° 37. Il se fait porter volontaire pour le front d'Italie et est affecté à la 7e Compagnie du 4e R.T.T.. A partir du mois de mai il participe aux opérations de la marche sur Rome puis sur Sienne : sa division fait sauter les verrous allemands qui protégeaient ces deux villes : à Pico d'abord, au nord de Rome ensuite.

Combats difficiles où l'ennemi sait mettre à profit toutes les possibilités que lui offre l'admirable paysage de collines et de jardins qui annoncent la campagne florentine. Les jeunes

aspirants-chefs de section vont de l'avant pour déceler le dispositif habile de l'ennemi. Le 15 juin 1944 dans la province de Grosseto, à l'attaque de Castel d'Azzara, la section de l’aspirant Guillon-Verne est décimée par des tirs d'armes automatiques qu'il est impossible de déceler dans les entrelacs des vignobles, des peupliers et des arbres fruitiers.

L'aspirant Guillon-Verne décide alors de se porter en avant pour déterminer les résistances ennemies et galvaniser sa section. Le front haut, il marche vers la maison isolée où il devine la présence du tireur d'élite ennemi. Le sourire de la terre toscane, qui allait le recevoir, répondait à l'étonnante élégance de ce jeune guerrier dans l'attendrissement du printemps merveilleux.

Droit, de toute sa beauté qui répond au raffinement des collines environnantes, joignant dans sa dernière action les dons d'une vieille race où s'unissent la douceur des pays de Loire et l'énergie guerrière, Hervé Guillon-Verne va au devant de la balle qui le renverse...