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GENDRE LOUIS

Né à Vienne (Isère) le 16 mai 1908, Louis Gendre est arrivé au Maroc en novembre 1927. Il entre comme élève au lycée Gouraud où pendant trois ans il poursuit ses études secondaires couronnées par le baccalauréat de philosophie. C'est ensuite à l'Institut des hautes études de Rabat, qu'il prépare et obtient le diplôme de licencié en droit.

Entré comme commis au service de l'enregistrement du Maroc, surnuméraire depuis près de deux ans, il dirigeait, comme receveur intérimaire la recette principale de l'Enregistrement de Casablanca, lorsque la guerre éclate en septembre 1939. Louis Gendre aurait pu bénéficier d'un sursis, mais, bien que marié depuis 15 mois, il rejoint immédiatement son corps d'affectation comme sous-lieutenant de réserve, à la 10e Compagnie du 1er R.T.M. fin octobre 1939. il embarque pour la France et dès le mois de novembre il est en ligne dans le secteur de la Sarre, au nord de la ligne Maginot.

En janvier 1940 son unité est envoyée en Flandre : c'est là que vient le surprendre l'attaque allemande du 10 mai ; il participe alors à la contre-offensive de Belgique et à la retraite des Flandres, constamment en contact avec l'ennemi. Le 27 mai à Carvin, resté seul officier de sa compagnie, il tient tête à l'avance allemande jusqu'à cinq heures de l'après midi, entre cette localité et le village d'Annœulin ; à la fin de l'après midi, il est tué parmi les quelques tirailleurs survivants qui continuaient à lutter contre un ennemi bien supérieur en nombre.

Ce n'est qu'après de longs mois que la famille apprendra la nouvelle de sa mort par une lettre de la Croix-Rouge. Quant aux circonstances de cette mort elle en sera informée par l'adjudant de Louis Gendre grièvement blessé près de lui quelques instants auparavant, relevé sans connaissance par les Allemands et rentré ultérieurement en France comme grand blessé.

Dans la longue liste de nos morts, le nom de Louis Gendre symbolisera toujours pour nous l'indomptable résistance des unités nord-africaines qui se sacrifièrent au cours de la retraite pour sauver l'honneur, préservant ainsi le moral de l'armée d'Afrique et contribuant à forger les divisions qui deux ans après la retraite devaient reprendre la lutte contre l'ennemi et le rejeter hors de France.