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GARRIGUES MARCEL

 

Lorsqu'il entra dans la guerre, Marcel Garrigues avait déjà fait les choix essentiels qui décident de la vie : il était aviateur militaire de carrière et devait laisser, hélas ! une veuve et deux enfants en bas âge. Pour cet homme en plein épanouissement, le temps de la scolarité au lycée Gouraud s'estompait déjà.

Né à Oujda le 10 février 1917, ayant fait ses premières études à Salé, Marcel Garrigues après trois ans de lycée à Rabat, sentait se transformer en vocation impérieuse ses goûts d'enfant pour la mécanique et l'aviation. Il acheva donc de se former, en vue de la carrière concrète qu'il espérait, à l'école industrielle de Casablanca. Tout jeune encore, il fut admis à l'Ecole de pilotage Henriot à Bourges. Un engagement volontaire de trois ans lui permit d'en sortir breveté après neuf mois de cours, le fameux insigne des pilotes à la vareuse et les galons de sergent sur les manches. Il fut affecté à la base aérienne de Casablanca, muté ensuite à Rabat, puis à Marrakech, Agadir, Sétif et Maison Blanche, où il se spécialisa dans les délicates et dangereuses missions de ravitaillement régulier des postes du Sud. Sa valeur professionnelle était alors pleinement établie et hautement reconnue de ses camarades et de ses chefs. Le sergent-chef pilote Garrigues revint ensuite à Meknès, dernière résidence où il put connaître les joies (déjà si relatives en tout temps pour les aviateurs) de la paix et de la famille.

Après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, il fut un des premiers à passer sur avion de bombardement " Marauder ". Bientôt il partit en Italie avec son escadrille, groupe de bombardement moyen 1/19 " Gascogne ", désormais basée à Cagliari, en Sardaigne. Cette formation devait appuyer très énergiquement et brillamment l'action alliée après le débarquement dans la baie de Saint-Tropez. De l'abnégation magnifique des hommes, du caractère dramatique des missions remplies, une première citation collective fait foi :

" Equipage courageux et calme, dit-elle notamment, toujours volontaire. A participé le 29 juin 1944 à l'attaque d'un dépôt de munitions ennemi qui fut complètement détruit, malgré un tir de la D.C.A. qui a endommagé plusieurs avions du groupe ".

Hélas ! Garrigues et ses compagnons devaient être victimes deux mois plus tard de leur allant imperturbable, de leur amour du devoir rempli jusqu'au bout. Une deuxième palme et la Médaille militaire vinrent à titre posthume magnifier le sacrifice personnel de celui qui savait que l'avion auquel il prêtait son âme pouvait chaque jour devenir son tombeau et qui, à l'instant cruel choisi par le sort, ne songeait encore qu'à accomplir et vaincre. Voici cette deuxième citation du sergent-chef pilote Marcel Garrigues disparu en service commandé le 18 août 1944, au large de Toulon :

" Deuxième pilote d'élite, ayant toujours fait preuve de courage, d'audace et de calme réfléchi, totalisant plus de 20 missions de guerre. Le 18 août, en attaquant des positions de batteries près d'un port très fortement défendu, a été pris violemment à partie par une D.C.A. ennemie intense. L'avion ayant été gravement endommagé, a tenu sa place dans la formation pendant le bombardement, réussissant à larguer ses bombes efficacement sur l'objectif. Aussitôt après l'attaque a disparu en mer à proximité des côtes de France ".