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GALVEZ JEAN

Né le 23 février 1925 à Port-Lyautey, Jean Gérard Galvez commence ses études à l'école primaire de Khémisset. Très vite il se fait remarquer par sa vivacité d'esprit et son application en classe et donne entièrement satisfaction à ses parents et à ses maîtres. Pendant toute la durée de ses études primaires cette ardeur au travail ne se démentira pas un seul instant. Il n'est heureux que lorsque sa tâche est remplie.

Et ses efforts ne sont pas vains : il est toujours parmi les meilleurs ; en mai 1937 il est reçu premier au concours des bourses. Dans l'humble foyer où il a vu le jour on est fier de lui et lui-même rayonne de bonheur car sa tendresse filiale a trouvé dans ses succès scolaires un puissant moyen d'expression.

C'est alors qu'il doit se séparer des siens pour commencer des études secondaires à Rabat.

En octobre 1937 il entre en 6e au collège des Orangers avec une bourse de mérite. Ses professeurs sont contents de lui et leurs appréciations sont des plus élogieuses. On se plaît à noter non seulement ses qualités d'esprit mais aussi celles du cœur car cet excellent garçon est la bonté et la droiture mêmes.

En octobre 1941 il entre, toujours comme boursier, au lycée Gouraud, en 2e moderne d'abord, puis, l'année suivante en 1er moderne où il prépare le baccalauréat. Cependant il n'arrive pas à mettre dans cette préparation toute l'ardeur dont il est coutumier et qu'il souhaiterait lui-même. Il songe, en effet, qu'une tâche autrement difficile mais combien plus glorieuse l'attend. Il n'a qu'un désir : rejoindre son frère déjà sur le front et prendre lui aussi sa part du combat pour la libération du territoire.

Enfin le moment tant souhaité est venu. En février 1944 sa classe est appelée sous les drapeaux. Remettant à plus tard ce qui peut attendre il abandonne ses livres pour prendre les armes.

Incorporé au 6e cuirassiers il s'y distingue aussitôt par les qualités qui faisaient de lui le bon élève et le bon camarade. Chaque jour il accomplit soit devoir avec sénérité et courage. Toujours prêt à servir comme à rendre service il est aimé et estimé de tous. Un de ses officiers lui adressant ses remerciements pour son travail au 2e peloton se plaît à souligner " son caractère toujours égal quelles que soient les circonstances " et " toujours droit devant, le sourire aux lèvres ".

Affecté ensuite au 9e chasseurs d'Afrique, il participe avec son char aux opérations qui conduisent à la libération de Mulhouse. Sa conduite au feu est exemplaire et fait l'admiration de ses camarades : " Toujours le sourire aux lèvres, même dans les plus mauvais moments, il nous épatait tellement il était courageux ", écrit l'un d'eux.

Le 25 novembre 1944, par une froide matinée, au delà de Mulhouse pendant l'attaque du village d'Heinsbrunn son char touché à mort flambe. Jean Galvez, les deux jambes fauchées, sort le dernier de la tourelle, seul, magnifique de courage, d'endurance et de volonté. Devant ses camarades atterrés, il trouve encore le moyen de plaisanter : " Vous me voyez comme ça dans le civil vous autres ? Eh bien je suis frais! "

Hélas ses blessures étaient trop graves et le soir même il rendait le dernier soupir. Il n'avait pas vingt ans.

La citation suivante, à titre posthume, comportant l'attribution de la Croix de guerre avec étoile de vermeil, est le suprême hommage rendu à la bravoure de celui, dont la vie trop courte hélas, fut un exemple de simplicité, de droiture, de bonté et de courage tranquille en toutes circonstances.

Citation à l'Ordre du Corps d'Armée :

" Excellent aide-tireur à bord d'un T.D., courageux, infatigable, toujours plein d'allant. Grièvement blessé à l'attaque d'Heimsbrunn le 25 novembre, a pu sortir de son char en flammes et a gardé devant ses camarades un magnifique courage forçant l'admiration de tous. Est mort des suites de ses blessures ".