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GAGARINE GEORGES

Né à Nice le 15 juillet 1921, élève du lycée Gouraud de 1937 à 1940, Georges Gagarine fut de ceux qui se sentirent hommes dès que la guerre eut consommé le malheur de la France. L'action le tentait d'ailleurs depuis longtemps : il se sentait taillé à la mesure de ses terribles nécessités ; aussi, ne pouvant plus supporter de rester écolier, il n'attendit pas la période des examens qui devait terminer ses études. Au printemps 1940, il s'engagea au 6e Régiment de Sénégalais. C'est sous l'uniforme qu'il subit avec succès les épreuves du baccalauréat. Car le goût d'une carrière concrète n'excluait pas chez ce jeune " marsouin " de 2e classe une intelligence vive et une culture sûrement acquise.

Jusqu'au printemps 44, Georges Gagarine connaît la dure existence des militaires de la vraie Coloniale : sous un ciel impitoyable, il sert à Dakar, à Bamako, à Tombouctou. Pendant ce temps, ils s'élève à travers la filière des grades et s'initie brillamment au commandement délicat des troupes de couleur. Revenu en Afrique du Nord, il fait un stage à Cherchell, d'où il sort enfin aspirant en octobre 1944.

Affecté au 23e R.I.C. c'est en chef de section qu'il prend part à la sévère et glorieuse campagne d'Alsace. Ses vertus natives et sa jeune expérience professionnelle lui valent alors une citation exceptionnellement brillante à l'Ordre de l'Armée :

" Gagarine Georges, aspirant matricule 3112, chef de section courageux et plein d'initiative, lors de l'attaque sur Pfastatt le 21 janvier 1944 a largement dépassé son objectif, allant occuper, de lui-même, l'abattoir. A surpris une section de canons d'infanterie ennemie en action, l'a prise sous le feu de sa section et l'a manœuvrée, tuant quatre Allemands, faisant dix-huit prisonniers dont sept blessés, et ramenant le matériel ennemi au complet. Au cours de la nuit du 20 au 21 a grièvement blessé l'officier qui commandait une reconnaissance ennemie. "

Mais lorsque le décret est signé, le 26 avril 1945, l'aspirant Gagarine est déjà tombé, après avoir vécu tous les moments les plus durs de la campagne d'Allemagne. Un décret du 7 juillet 1945 a conféré à titre posthume à l'aspirant Gagarine, la médaille militaire avec la citation suivante a l'Ordre de l'Armée :

" Chef de section, véritable entraîneur d'hommes, déjà titulaire d'une proposition de citation à l'Ordre de l'Armée pour la campagne d'Alsace. Le 5 avril 1945 à Ettlingen a ramené le corps d'un officier de la compagnie qui venait d'être tué, sous un violent tir ennemi. A cette occasion, a tué de sa propre main trois adversaires. Le 8 avril à Busenbach ; surpris à courte distance par le tir ennemi, a réagi immédiatement entraînant sa section à l'assaut derrière lui, amenant ainsi la prise du village et tuant 8 hommes. Le 12 avril 1945 a assuré la prise du village de Niederveir par une manœuvre hardie et rapide faisant 25 prisonniers avec sa section. A trouvé une fin glorieuse le 16 avril au pont d'0berkich en tombant en tête de sa section en cherchant à assurer le passage des chars de l'autre côté du pont "