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FRIGGERI GUY

 

Né le 4 juin 1919 à Mateur (Tunisie), Guy Friggeri vient à Rabat en 1936 et termine au lycée Gouraud de brillantes études secondaires couronnées par le baccalauréat de mathématiques.

En 1942 lors du débarquement allié, Guy Friggeri, qui vient d'être reçu au concours de secrétaire de police, s'est mis à préparer celui de commissaire ; nul doute qu'avec sa tenacité et son intelligence il n'aille à un nouveau succès, prélude d'une brillante et heureuse carrière.

Alors que les Français d'Afrique sont appelés à reprendre la lutte, il aurait le droit, lui, de se tenir à l'écart, car ses fonctions l'y autorisent, il pourrait préparer son concours en toute quiétude ; mais Guy Friggeri n'est pas de ceux qui acceptent la défaite de la patrie ; sans hésiter, il se jette dans le combat. Non sans déchirement d'ailleurs, car il laisse derrière lui une épouse et une fillette qu'il chérit ; mais comme il l'écrit à sa femme en des termes d'une admirable simplicité, il juge " indécent " de rester quand tant d'autres Français " luttent et peinent pour un idéal ".

Le voici sous-lieutenant dans un régiment de tirailleurs. Lui, dont le cœur doit se serrer souvent en pensant aux êtres chers, sait pourtant charmer ses camarades par son entrain, sa verve, sa bonne humeur. Tous admirent ce qu'il y a en cet homme de franchise et de fermeté. Ses tirailleurs respectent ce chef à la fois si débordant de vie et si maître de lui-même. Ils le suivent avec une confiance aveugle, dans les plus durs combats, car ils sentent bien que s'il a à cœur d'être toujours au point le plus exposé, ce n'est pas par vaine gloriole mais par sentiment de ses devoirs de chef.

Son mépris du danger ne lui permet, hélas, qu'une trop brève carrière mais il a eu le temps de donner sa mesure : témoin la magnifique citation à l'Ordre de l'Armée dont il a été l'objet au cours de l'âpre lutte pour la libération de Toulon :

A l'Ordre de l'Armée (à titre posthume) :

" Friggeri Guy, sous-lieutenant au Ne Régiment de tirailleurs, Chef de section d'une bravoure exceptionnelle.

Le 21 août 1944 au cours de l'attaque de Solliès-Ville a entraîné ses hommes dans un brillant corps à corps. Le 23 août, à la Plâtrière, après une dure progression à travers bois et sa section ayant été débordée, a été mortellement blessé alors qu'avec un mépris absolu du danger, il s'était dressé pour ajuster au pistolet-mitrailleur un groupe de tireurs ennemis ".

Cette citation comporte l'attribution de la Croix de guerre avec palme.

Quand il tomba, blessé d'une balle au ventre, écrit son capitaine, on l'emmena au poste de secours. Il souffrait terriblement sans mot dire. Peu après il se mit à délirer ; on l'entendait s'écrier : " Mais attaquez-donc cette mitrailleuse ".

Dans ce corps brisé, dans cet esprit bouleversé par la fièvre, vivait encore l'âme du chef qui ne songe qu'à lutter et à vaincre.

Ainsi mourut héroïquement, face à l'ennemi, un homme qui n'avait pas pensé être un héros, mais avait eu simplement la fierté de vouloir, comme il le disait, vivre une vie " décente ".