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FERRAND PIERRE

 

Glorieusement tombé, alors que désignant l'ennemi, il donnait l'assaut en tête de ses hommes, en criant: " En avant ".

Né le 15 mars 1922 à Mayence, dans cette Allemagne déjà occupée, toujours inquiétante pour l'Europe, Pierre Ferrand, fils d'officier, suit sa famille de garnison en garnison, passe de Trèves à Rabat où il est élève du lycée Gouraud ; de là il va à Sceaux et enfin prépare Saint-Cyr au lycée Saint Louis. Il est reçu ; mais élevé dès sa tendre enfance dans les plus nobles traditions d'héroïsme et de foi patriotique, Pierre Ferrand ne peut accepter de prolonger plus longtemps sa scolarité ; le Maroc qu'il connaît bien et où alors se prépare l'assaut décisif pour la libération l'attire irrésistiblement.

Surmontant mille difficultés, affrontant les pires dangers - il sera décoré de la Médaille des Evadés - Pierre Ferrand franchit les Pyrénées, reste interné cinq mois au camp de Miranda de l'Ebre et gagne enfin Casablanca. Affecté d'abord à Camp Boulhaut, il est envoyé ensuite à l'Ecole interarmes de Cherchell où, selon le témoignage de ses chefs, il se distingue " par sa résistance, sa gaîté et la confiance qu'il inspire à tous " ; il sort aspirant en octobre 1944.

En décembre, le voici sur le front d'Alsace au 4e R.T.M. face enfin à cet ennemi qu'il a tant voulu combattre. Hélas, son magnifique enthousiasme ne pourra se déployer longtemps.

Dès le 25 janvier 1945, en montant à l'assaut d'une position fortifiée dans l'attaque finale de la poche de Colmar, Pierre Ferrand trouve la mort des braves.

La splendide citation suivante, à l'Ordre de l'Armée, exalte sa trop brève carrière et sa fin sublime :

" Jeune officier d'un allant remarquable d'un calme et d'un courage qui l'imposèrent vite comme chef. Toujours heureux de se voir confier des missions périlleuses et délicates.

Après avoir solidement organisé, du 22 au 25 décembre 1944, les positions de l'usine de Willers, s'est emparé par surprise d'une ferme, le 21 janvier 1945, près du faubourg de Belfort, dès le tir d'artillerie levé.

Le 25 janvier 1945, lors de l'attaque de la cité Amélie, il fut momentanément stoppé par un tir précis d'armes allemandes.

Est glorieusement tombé alors que, désignant l'ennemi, il donnait l'assaut, en tête de ses hommes en criant : En avant ".

Cette citation comporte l'attribution de la Croix de guerre avec palme.

Ainsi que l'ont écrit ses camarades " routiers " à la fin du mémento consacré à sa mémoire :

" A chacun de nous de reprendre et de continuer cette vie ! "