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Courtin Jean-Louis

 

 

Né le 20 janvier 1918, Jean-Louis Courtin avait grandi à Rabat puis à Casablanca où son père remplissait de hautes fonctions administratives. D'un naturel doux, toujours souriant, avec une sorte de pudeur qui se lisait sur son visage dès qu'il était en présence d'un étranger, Bob ne se retrouvait pleinement lui-même que sur un stade, lorsqu'ayant chaussé les pointes de sprinter, il s'élançait sur la piste pour un cent mètres dont il était devenu en Afrique du Nord, à la fois le champion et le recordman. La guerre de 1939 le surprend en train de préparer sa licence en droit. Après un court passage dans une école d'aspirants, l'armistice survient. Courtin s'oriente alors vers le service de la jeunesse et des sports où l'on a besoin de jeunes Français de sa trempe.

La reprise des hostilités, après le débarquement allié en Afrique du Nord, le replace parmi les tirailleurs marocains au 6e R.T.M. qui se prépare pour les opérations ultérieures. Son régiment débarque en Italie en avril 1944 et il est installé aussitôt sur les rives du Garigliano où les opérations se réduisent encore pour le moment à une activité de patrouilles. Mais le 11 mai, à onze heures du soir, sous le feu des cinquante-deux batteries d'artillerie française qui écrasent les positions ennemies, les régiments de tirailleurs partent à l'attaque pour enfoncer la ligne d'hiver allemande et tourner ainsi la forteresse redoutable de Cassino. La compagnie de Bob Courtin est chargée, en liaison avec le 8e R.T.M., d'assurer le flanc gauche de l'attaque du Mont Faito. Bob a procédé comme il avait coutume de le faire sur le stade : il a foncé pour être le premier sur la ligne d'arrivée. Il est tombé en plein combat, sans savoir que son sacrifice et celui de ses camarades devaient permettre d'enlever le Faito. Ainsi éclatait au cours des combats mémorables de la nuit du 11 au 12 mai le premier signe annonciateur de l'écroulement de la ligne allemande.

De ce destin de combattant si bref, jeune héros d'Homère venant des rives paternelles mourir dans la plaine du Simoïs, les amis de Bob Courtin se souviendront avec émotion en évoquant la silhouette, vigoureuse et timide à la fois, se jetant en avant sur les pentes arides du Faito, pour une dernière épreuve, décisive.

" Jeune aspirant animé de la plus noble ardeur et du pur esprit de sacrifice, a trouvé une mort glorieuse au cours de l'attaque du 11 au 12 mai 1944 alors que, isolé de son bataillon et cherchant à le rejoindre en combattant, il entraînait sa section à travers les tirs de barrages ennemis sur les pentes du Faito (Italie). "

La médaille militaire et la Croix de guerre couronnèrent cette brève destinée de soldat.