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COSTANTINI ANDRÉ

 

Né à Rabat, le 21 juin 1919, André Costantini fut élève du lycée Gouraud dès 1924, dans la classe maternelle. Admis en 6e à l'âge de 9 ans, il fit au lycée toutes ses études secondaires couronnées par le baccalauréat. De caractère très doux, mais énergique en même temps, il s'était acquis l'estime et la sympathie de ses maîtres autant que de ses camarades. Fils aîné d'une famille de sept enfants, il eut à cœur de subvenir le plus tôt possible à ses propres besoins et, à peine sorti du lycée, il s'était lancé dans l'exploitation forestière.

Mais survint la guerre et dès novembre 1939, il était incorporé au 31e bataillon du Génie à Port-Lyautey. Spécialisé dans la pose et la relève des mines, il contribua à miner au Maroc les principaux ouvrages stratégiques ; puis, comme sergent moniteur, il fut chargé en Algérie d'initier la troupe à cette technique. En Tunisie, sa mission consista à prospecter les différents types de mines utilisées par l'armée Rommel, et cette collecte de mines, transportées par lui à Tunis aux fins d'examen dans les laboratoires, fut pour nous d'un précieux enseignement. André Costantini prit part ensuite aux opérations de débarquement en France puis à la campagne des Vosges et enfin à celle d'Alsace.

Obscur mais héroïque labeur, et combien dangereux, que celui du démineur, aux prises à chaque instant avec la traîtrise de pièges que l'imagination diabolique de l'ennemi a semés partout, dans les champs paisibles, sur les routes, dans les maisons abandonnées. Après avoir été épargné jusque là par le sort, André Costantini " saute " à Heinsbrunn (Haut-Rhin) le 6 janvier alors qu'à la tête de sa section il frayait la voie aux troupes françaises en marche pour la libération de l'Alsace.

Une circonstance particulière donne toute sa signification à son sacrifice et montre quel homme et quel chef était André Costantini : désigné pour suivre les cours de perfectionnement dans une école de mines de l'armée américaine, il devait partir le 6 janvier ; mais avant son départ il tint à assurer cette même nuit la mission périlleuse pour laquelle sa section avait été désignée. Et le 6 janvier au matin, André Costantini, au lieu de partir pour l'arrière, tombait à la tête de sa section.