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CORDINA ANDRÉ

 

Né à Rabat le 20 décembre 1926, André Cordina a fait toutes ses études secondaires au lycée Gouraud. Son destin est exceptionnel: à dix-sept ans, il est déjà un vieux soldat et lorsqu'il tombe, pour son pays, il n'a pas dix-huit ans.

Ce garçon qui désirait devenir médecin militaire avait les qualités des êtres qui ne sont pas faits pour une carrière ordinaire : à son énergie, à sa volonté passionnée il joignait une indépendance de caractère qui devait trouver son plein usage dans les temps tragiques que la France allait traverser.

D'abord André Cordina ne pouvait attendre la lente mise sur pied de l'armée d'Afrique : se familiariser avec les nouveaux engins, reconstituer une armée avec tous ses moyens demandait du temps. Il va au plus vite : en juillet 1943 il s'engage comme soldat de 2e classe au 1er régiment de marche du Tchad : il a seize ans et demi ! Débarqué en France lors de la grande aventure du mois de juin 1944 qui devait porter les troupes alliées à Berlin, André Cordina

participe aux campagnes de Normandie, de Paris et des Vosges.

Le 17 octobre 1944, à Laronxe, au sud de Lunéville il est tué par un éclat d'obus. Dans ses notes, il a souligné les vers qu'il aimait et qui expriment à eux seuls l'extraordinaire stoïcisme auquel était parvenu ce combattant qui avait à peine quitté l'enfance :

• Gémir, prier, pleurer est également lâche.

• Fais énergiquement ta longue et lourde tâche

• Dans la voie où le sort a voulu t'appeler.

• Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler.

Aussi la citation qui résume sa vie lui aurait-elle agréé infiniment car elle est courte comme elle et elle dit, sous son laconisme voulu, qu'André Cordina avait choisi son destin et qu'il l'avait pleinement accepté :

" Jeune soldat, toujours gai, qui a fait avec courage et sang-froid les campagnes de Normandie, de Paris et des Vosges. A trouvé la mort à son poste de combat ".