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CIABRINI FRANÇOIS

 

 

Né le 4 janvier 1922 à Porto-Vecchio (Corse).

D'une famille de fonctionnaires, le jeune Ciabrini vint tout enfant au Maroc et commença ses études secondaires au lycée Gouraud.

Remarquablement doué, il y remporta de brillants succès scolaires, se classant toujours dans les premiers, quoiqu'il eût « sauté » la cinquième. Son père ayant été muté à Meknès, François Ciabrini termina ses études secondaires au lycée Poeymirau, réussissant au baccalauréat, de mathématiques avec mention après avoir remporté plusieurs prix dont celui de ]a « fondation Salessy ».

Des succès aussi nets annonçaient un brillant avenir universitaire et il entra au lycée de Casablanca pour y suivre la classe de mathématiques spéciales. Mais presqu'aussitôt survint le débarquement américain et le jeune Ciabrini interrompit ses études qu'il ne devait, hélas, jamais reprendre.

Le lycéen plutôt frêle et délicat du début était alors devenu un robuste jeune homme qui fut enrôlé à la compagnie « Canons » du 8e R.T.M. En novembre 1943 il partit en Italie avec son unité. et c'est là qu'il obtint ses deux premières citations :

« Caporal de tir et chauffeur de son chef de section qu'il a toujours accompagné partout. A fait preuve en particulier du plus grand sang-froid et à plusieurs reprises, en traversant sans hésiter les tirs de harcelement de l'ennemi sur la route dans la région de San Elia ».

Deuxième citation :

Observateur d'un officier de liaison de la compagnie canons, l’a accompagné partout dans la période du 21 juin au 19 juillet, faisant preuve sur la position de batterie comme auprès des éléments les plus avancés d'un absolu mépris du danger, apportant à son chef le plus précieux concours ».

Ces citations comportent l'attribution de la Croix de guerre avec étoile de bronze.

Il débarqua ensuite en France au mois d'octobre 1944.

Mais il ne devait pas combattre longtemps en terre française : dès le 12 décembre il fut grièvement blessé sur le Rangenkoff près de Thann alors que, sous un bombardement intense, il passait, imperturbable, des ordres de tir ; transporté à l'hôpital de Montbéliard il y mourut le lendemain 13 décembre 1944.

Une dernière citation à titre posthume rend hommage à sa bravoure tranquille .

« Observateur et chauffeur dans une équipe de liaison de la compagnie canons, a toujours donné les preuves d'une parfaite connaissance de ses fonctions et d'un calme absolu dans toutes les situations. A été mortellement blessé le 12 décembre 1944 au Rangenkoff, alors que sous un bombardement ininterrompu, il passait des ordres de tir. Déjà cité deux fois ».

Cette citation comporte l'attribution de la Croix de guerre avec étoile de vermeil.

Les témoignages de sympathie que reçut alors sa famille prouvèrent à ses parents quelle place leur cher enfant avait méritée dans le cœur de ses camarades et de ses chefs. Son capitaine entre autres écrivait à son sujet : « Intelligence, réflexion, santé, énergie, la nature lui avait donné les dons les plus brillants. Avec cela sa gaieté, son esprit de camaraderie... en faisaient un garçon qui ne comptait chez nous que des amis ».

Au lieutenant Guilloux, qui avait eu Ciabrini sous ses ordres pendant la campagne d'Italie, un officier, témoin de sa mort en Alsace, se fit un devoir d'annoncer la fatale nouvelle sachant combien Ciabrini était cher à son ancien chef : « Ciabrini était aimé et estimé de tous, tu le sais mieux que moi - Sa mort est une perte pour l'unité. A la peine que nous éprouvons, je me doute de ce que sera la tienne ».

De tels regrets prouvent que, tout jeune, François Ciabrini avait déjà marqué sa place dans l'élite.