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BONNASSIEUX JEAN-FRANÇOIS

 

 

Né à Marrakech, le 9 avril 1920, c'est en France que Jean-François Bonnassieux commence ses études secondaires. Peut-être les calmes horizons périgourdins et vendéens, à la fois stables et ouverts, mettent-ils alors leur marque sur sa belle nature ferme, bien posée. En 1936, sa famille revient s'établir à Rabat et c'est au lycée Gouraud qu'il achève sa scolarité, réussissant avec aisance à ses deux baccalauréats. Il fait ensuite son Droit, tout en assurant le secrétariat du syndicat d'initiative de la ville. Il est bientôt nommé rédacteur à l'agence France Presse : cette activité vivante, qui sollicite l'approfondissement de la culture dans toutes les directions, promet de le passionner.

En janvier 1943, il est incorporé, sur sa demande, au 1er régiment de tirailleurs marocains. Il va ainsi faire partie du corps expéditionnaire français en Italie. Après un séjour en Algérie, puis en Corse libérée, son unité débarque à Naples. Le caporal Bonnassieux est alors spécialisé dans les engins d'accompagnement : personnel d'élite, comme l'on sait, mais poste combien périlleux. La très dure campagne d'Italie, où en effet il paie constamment de sa personne, n'entame pas sa bonne humeur, sa sociabilité, son équilibre :

Jean-François était un bon et joyeux camarade, il s'était fait d'excellents amis et était très estimé de ses chefs... " témoignera dans une lettre M. l'aumônier militaire Martz, de la 4e D.M.M.

Le 14 juillet 1944, les nôtres ne sont pas, hélas ! à la fête. Il s'agissait de préparer coûte que coûte la marche sur Florence : la besogne préliminaire du déminage était urgente. Bien qu'il eût perdu plusieurs de ses camarades personnels dans la matinée même, Jean-François ne se laissa pas abattre, ne voulut pas voir dans ce malheur un avertissement : l'après-midi, il fut volontaire pour continuer de déminer. Comme l'ouvrage s'achevait vers 20 heures, l'artillerie ennemie prit les démineurs français sous un feu violent. Jean-François Bonnassieux, victime de sa volonté acharnée de servir, tomba, à quelques kilomètres de la célèbre localité de San Gimigniano, qui fut libérée peu après.

Voici la juste citation qui fait ressortir son héroïsme :

" Chef de pièce de canon de 37 auto-moteur, s'est offert spontanément pour participer, avec la section de mines dont l'effectif venait d'être très réduit par des pertes sévères, au déminage de la route de Cartaldo, le 14 juillet 1944. Pris sous un violent tir d'artillerie au carrefour nord de Cassini est tombé, frappé par un éclat d'obus ".

La présente citation comporte l'attribution de la Croix de guerre avec étoile d'argent.