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BERGOUNIOUX ANTOINE

Né le 16 octobre 1925, à Sidi-bel-Abbès, Antoine Bergounioux entre en 1937 dans la classe de 6e au lycée Gouraud où il va faire toutes ses études secondaires.

Il vient de réussir à la première partie du baccalauréat et il est en classe de mathématiques élémentaires lorsque la mobilisation le prend en février 1944, âgé de 18 ans à peine.

Rien jusqu'alors n'a laissé deviner quel magnifique soldat sera ce lycéen dont on a apprécié surtout la douceur et l'extrême bonté : " trop bon " dit de lui un de ses professeurs. Au Club Nautique aussi, puis au C.V.A.R. où il pratique son sport favori, la natation, il est apparu comme un garçon doux et extrêmement calme, dévoué, serviable, et comme tel, très aimé de tous ses camarades.

Et voilà que mobilisé au 4e R.T.M., un de ces régiments de la 2e D.I.M. qui sont sans cesse à l'épreuve, le jeune lycéen doux et calme se révèle tout de suite, malgré son extrême jeunesse, un remarquable entraîneur d'hommes. Il sait obtenir tout de ces hommes simples et rudes que sont les tirailleurs marocains grâce à sa bonté et à son courage tranquille. Avec eux depuis décembre 1944 il partage les épreuves cruelles, les risques incessants de cette dure campagne d'Alsace. Il a rapidement gagné les galons de caporal-chef et une première citation à l'ordre de la division :

" Jeune caporal très actif et dévoué. Le 20 janvier 1945 à l'attaque de Cernay n'a pas hésité à porter aux chefs de groupe des ordres du chef de section malgré un tir meurtrier d'armes automatiques ennemies. Le 25 janvier 1945 à l'attaque du Puits .Amélie, n'a pas cessé d'observer et de renseigner son chef de section. A traversé plusieurs fois un barrage d'armes automatiques ennemies faisant preuve du plus grand mépris du danger. A fait l'admiration de ses camarades ".

Après la libération de l'Alsace, le jeune Bergounioux à la tête de son groupe pénètre sur la terre allemande. Il s'enfonce hardiment dans les bois de Tubingen. L'ennemi traqué n'oppose plus qu'une résistance sporadique ; mais par moments il se ressaisit et fait face. Le 5 mai 1945 Bergounioux guide son groupe chargé de nettoyer les bois de Franenrzel. Soudain la fusillade éclate, à bout portant. Bergounioux blessé au bras puis en pleine poitrine s'abat :

Voici sa 2e citation qui relate sa fin :

" Brillant chef de groupe qui avait su entraîner ses hommes avec succès au cours de toutes les opérations de la campagne d'Allemagne. En particulier au cours d'une reconnaissance profonde dans les bois de Tubingen, le 23 avril 1945, il avait pris une part très active à la capture de 30 prisonniers. A trouvé une mort glorieuse d'une balle en pleine poitrine le 5 mai 1945 en entraînant son groupe à l'assaut d'une résistance ennemie dans les bois Sud-Est de Magg Mau Shofen ".

Ainsi, alors qu'il n'a pas encore 20 ans, Antoine Bergounioux tombe en pleine victoire, trois jours à peine avant l'armistice qui allait le rendre, glorieux, à sa famille et à tous ceux qui l'aiment.

Devant un coup si cruel du destin on comprend l'accablement dont est empreint le message suprême du capitaine de Mecqueneur aux parents d'Antoine Bergounioux leur disant combien cette mort " a jeté de consternation dans toute la compagnie ".