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BERGE YVES

Né à Foix le 31 décembre 1921, Yves Bergé appartenait à une belle famille qui compta 7 enfants. Dès son jeune âge il affirma, avec sa naturelle franchise, son hostilité à toute discipline ou travail imposé. Se soumettre à une règle lui était pénible. Elève ou scout il admettait difficilement l'autorité. Cependant l'éducation qu'il reçut au sein d'une famille chrétienne modifia peu à peu ce caractère entier.

C'est à partir de la seconde, au lycée Gouraud, qu'il comprit la nécessité de l'effort et du travail et, dès ce moment, il mit au service d'un caractère fort et indépendant les ressources d'une intelligence toujours en éveil.

Après avoir terminé son baccalauréat (de mathématiques, en 1940, il prépara Saint-Cyr. Son échec à cette école ne le meurtrit pas ; il pensait qu'après la défaite de 1940 la carrière d'officier s'affirmait vaine et il se tourna vers la préparation d'une licence de physique et chimie. En 1941 et 1942 il obtenait les certificats M.P.C. et de chimie générale. Par dilettantisme il subissait avec succès en février 1943 les épreuves du baccalauréat philo-sciences.

Mobilisé, il est affecté d'abord aux tirailleurs. Le régiment est, pour ce caractère indépendant, une dure école. D'ailleurs les épreuves ne lui sont pas ménagées ; il se présente à l'examen d'élève-aspirant de réserve en janvier 1943 et malgré ses diplômes et une année de préparation militaire supérieure, il échoue. Il demande sa mutation aux transmissions, où sa formation lui permettrait de rendre des services ; elle est refusée. On le verse dans l'arme blindée et il suit l'instruction au 1er régiment de cuirassiers de la 5e D.B. Tout cela d'ailleurs n'a pas affecté son beau moral ; à l'occasion de la Fête des Mères, le 30 mai 1943, il écrit à sa mère qu'il chérissait, une lettre où on lit ce passage qui atteste son beau caractère : " Peut-être va s'ouvrir pour moi une période de danger et de souffrance. Mais sois bien tranquille, je suis assez fort pour les supporter, et la plupart de mes dépressions ne sont que passagères. Mais pour toi et aussi pour papa, je voudrais surtout que vous soyiez fiers de moi et que cette fierté couvre tous vos soucis à mon sujet. Moralement je me sens très fort pour l'avenir et je suis certain de très bien tenir le coup ".

Conducteur d'un camion tracteur, Yves Bergé se trouve le 16 novembre 1944 parmi les troupes qui attaquent sur les deux rives du Doubs. Son escadron a enlevé le 15 le petit village d'Arcey ; le 16 on se prépare à l'attaque de Desandans. C'est là, au milieu de ses camarades, à qui il vient de redire son désir de passer dans l'équipage d'un char, qu'Yves Bergé est décapité par un éclat d'obus.

Son colonel, dans une lettre adressée aux parents d'Yves exprime toute l'estime qu'il avait pour le disparu. " Votre fils d'un caractère généreux et ardent était très aimé du 1er cuirassiers et sa mort la première en effet du régiment, nous a tous beaucoup touchés... Yves est mort en brave ; il aurait mérité de se battre plus longtemps, car il l'aurait fait, j'en suis sûr, avec intelligence et avec courage. Soyez fier de lui, c'est par des sacrifices comme le sien... que notre pays sera libéré et revivra ".