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BENITSA Charles


Né le 7 septembre 1921 à Oran, Charles Benitsa vient au Maroc dès 1926, et, tout jeune est élève du Lycée Gouraud où se déroulera toute sa scolarité. Plein d'allant et de gaîté, c'est un boute-en-train parmi ses camarades qui l'aiment pour ses grandes qualités de caractère et de coeur, pour sa générosité jamais en défaut. Il ne rencontre aussi que sympathie sur les terrains de jeux : sportif émérite, il pratique le basket et le foot-ball sous les couleurs du Stade Marocain.

La déclaration de guerre le surprend alors qu'il n'est encore qu'un adolescent sur les bancs du Lycée. Mais il veut partir lui aussi comme ses aînés, et il s'engage dans l'aviation où sert déjà son frère Edmond. Reçu à l'Ecole d'Istres, breveté « mitrailleur en avion » il attend impatiemment l'ordre de partir au combat.

Mais l'armistice survient avant que Charles ait pu participer à la bataille, et, nouvelle déception, les lois d'éviction l'écartent bientôt de l'armée, comme son frère. Plein d'espoir il attend son heure et, quand débarquent les troupes alliées, cest dans l'enthousiasme qu'il reprend l'uniforme.

Tout d'abord, malgré son brevet de spécialité malgré ses demandes réitérées, il ne peut obtenir d'être affecté à un groupe de combat.

Les lois d'exception subsisteraient elles encore ?

Mais son ardeur, sa fougeuse insistance finissent par triompher. Il part enfin.

C'est au cours de la campagne d'Italie qu'il apprend la mort de son frère Edmond.

Il sait trouver dans une complainte adressée à sa mère les accents qu'il faut pour bercer la douleur de celle qui a quatre fils sous les drapeaux :


L'ainé de tes enfants
Est tombé pour la France
Je sais, chère maman,
Tes douleurs, tes souffrances.
Lourd a été ainsi
ton tribut au Pays...

Que cette poésie apporte un peu de baume à ton coeurmeurtri » dit Charles à sa mère, à la fin des douze strophes toutes pleines de tendresse filiale.

Hélas, quelques mois après Edmond, c'est Charles qui tombe à soit tour abattu par la D.C.A. le 24 décembre 1944 au retour d'une mission en pays ennemi.

Les camarades dui en réchappèrent ont raconté avec quelle modestie mais aussi quelle fermeté Charles Benitsa ne cessait de revendiquer sa place pour toutes les missions périlleuses ; avant de mourir il eut du moins la satisfaction de sentir autour de lui l'amitié chaleureuse et même admirative de ceux qui furent ses compagnons de combat et que le sort brusquement sépara : trois périrent avec Charles Benitsa, trois furent grièvement blessés.

La belle carrière de ce brave est retracée dans la citation suivante qui motive l'attribution à Charles Bénitsa de la Médaille Militaire (à titre posthume) :

Benitsa Charles, sergent Groupe de Bombardement Moyen 2/52 " Franche-Cointé".

« Jeune sergent mitailleur, ayant toujours rempli son rôle avec sang-froid, courage et compétence. Possédait un excellent esprit d'équipage.
A effectué au Groupe « Franche-Comté », 11 missions de guerre dont le plus grand nombre sur des objectifs fortement défendus.
A trouvé la mort le 24 décembre 1944, au cours d'un atterrissage en campagne au retour de mission, l'appareil ayant été durement touché par le feu de la D.C.A.
Totalisait 197 heures 55 de vol dont 46 heures de vol de guerre et 11 missions ».

Cette citation comporte l'attribution de la Croix de guerre avec palme.


Un jour je suis parti
Appelé par la France
Laissant là les amis
Qui peuplaient mon enfance
Allant vers mon destin
Joyeux et plein d'entrain...