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BAUER ALFRED

Né le 15 mai 1925 à Paris, Alfred Bauer vint en 1935 au Maroc avec sa famille. Après des études qu'il commença au lycée Gouraud et qu'il acheva dans une école technique, il devint ajusteur mécanicien au 1er chasseurs. Le débarquement allié lui donna l'occasion de servir son pays directement : le 18 janvier 1943, il s'engage , il n'a pas dix-huit ans mais, sportif accompli, champion de natation, c'est déjà un solide garçon grand et vigoureux ; il est versé dans une unité de cavaliers : le 3e régiment de spahis marocains que l'on équipe avec du matériel américain.

En novembre 1943, il débarque avec son régiment et la 2e division marocaine dans le port de Naples et, trois semaines après, les unités sont en ligne dans les Abbruzes. Triste hiver de cette année 1943 : la boue gluante des pentes de l'Apennin, puis la neige du Marrone et de la Mainarde à 1.500 mètres d'altitude transforment les cavaliers aux engins inutiles, en fantassins de relève ; les mortiers ennemis essaient de briser le moral des unités marocaines qui remporteront leurs premiers succès dans des conditions de terrain et de temps épouvantables. En mai, la grande offensive débute par une brillante victoire française ; avec son régiment de chars légers, Alfred Bauer vivra la marche triomphale sur San Giorgo de Liri.

Puis dans la poursuite vers Rome, il sera cité au cours des opérations de la cuvette de Pastena où son unité fut prise à partie avec violence par l'artillerie ennemie. Blessé au mois de juin, lors de l'extrême pointe poussée par les troupes françaises en direction de Florence, il passera quelques jours à l'hôpital puis rejoindra son unité qui embarque pour les combats de la libération, en terre française.

Après un court séjour dans les Alpes, la 2e division d'infanterie marocaine est disposée a l'entrée de la trouée de Belfort, en septembre 1944. L'ennemi multiplie les initiatives agressives pour donner l'illusion qu'il est en force. Le 1er septembre 1944, une attaque locale allemande est déclenchée devant Grange la Ville. Alfred Bauer est tué après avoir abattu deux fantassins ennemis qui s'infiltraient vers le poste de commandement de l'escadron.

Alfred Bauer n'avait pas vingt ans.

Voici le texte des citations de ce brave.

CITATION A L'ORDRE DU RÉGIMENT

" Jeune brigadier qui s'est fait particulièrement remarquer le 25 mai 1944 au cours de l'attaque de Pastena continuant à commander son escorte avec un calme et un courage remarquables malgré un très violent bombardement ".

La présente citation comporte l'attribution de la Croix de guerre avec étoile de bronze.

CITATION A L'ORDRE DU CORPS D'ARMÉE

" Excellent brigadier, énergique et ardent. A été mortellement blessé le 1er octobre 1944 devant Grange la Ville au cours d'une attaque allemande alors qu'il venait d'abattre deux fantassins ennemis qui s'infiltraient vers le PC de l'escadron. Déjà une fois blessé en Italie ".

La présente citation comporte l'attribution de la Croix de guerre avec étoile de vermeil.

CITATION A L'ORDRE DE L'ARMÉE

(à titre posthume)

" Bauer Alfred, brigadier du Nme régiment de spahis : excellent brigadier énergique et ardent. A été mortellement blessé le 1er octobre 1944 devant Grange la Ville au cours d'une attaque allemande, alors qu'il venait d'abattre deux fantassins ennemis qui s'infiltraient vers le poste de commandement de l'escadron. Déjà cité antérieurement ".

Croix de guerre avec palme.