barraux_frank.jpg (10786 octets)

BARRAUX FRANK

Né le 18 août 1920 à Tlemcen, mort en héros le 21 avril 1945 à Nufringen (Wurtemberg).

Elève du lycée Gouraud depuis les classes élémentaires jusqu'à la première, Frank Barraux y a laissé le souvenir vivant d'un charmant camarade et d'un sportif hors de pair.

Quelle sympathique figure que la sienne ! La gaieté et la loyauté même ! Simple et cordial, franc et généreux, il n'avait que des amis.

Athlète de qualité exceptionnelle qui aux cent mètres descendait au-dessous des onze secondes fatidiques, il avait tellement brillé dans le sport scolaire qu'un club civil de Rabat l'engagea dans son équipe première et c'est comme trois-quart aile qu'il pratiqua à l'A.S.R., ce sport viril qu'est le rugby, bien fait pour séduire une nature ardente et généreuse comme la sienne. Aux exercices d'agrès, dans les sauts, en natation, il s'était aussi tout spécialement distingué, s'adjugeant même, malgré son jeune âge, des records régionaux. En Frank Barraux le sport marocain a perdu un " espoir " authentique de l'athlétisme nord-africain.

Parti en 1939 à Fès avec sa famille, Frank Barraux entra au lycée de cette ville et passa alors son baccalauréat.

Il songeait à préparer l'Ecole centrale des arts et manufactures lorsqu'il fut appelé sous les drapeaux.

Dès lors, depuis la Tunisie jusqu'au Wurtemberg, ce bel athlète infatigable va faire toute la guerre en héros, accumulant les lauriers jusqu'à l'apothéose finale, quelques jours à peine avant la fin des combats, dans un duel à bout portant avec un officier allemand : après avoir, avec une poignée d'hommes, coupé la retraite à un fort convoi ennemi, Frank Barraux " baroudait " toute la nuit du 20 au 21 avril contre les éléments dispersés de l'escorte, réfugiés dans les maisons du village de Nufringen. " Le sergent-chef Barraux, écrit son commandant du 4e R.T.M., a participé avec un allant admirable au nettoyage de la localité ; c'est à l'entrée d'une maison, vers 6 heures du matin, qu'il a été tué ; le combat allant à ce moment jusqu'au corps à corps, pistolet à la main il abat un officier allemand ; celui-ci a eu le temps de tirer ; les deux coups sont partis simultanément ; Barraux a reçu la balle en plein cœur, il est mort sur le coup ".

Trois citations successives résumeront cette magnifique carrière.

CITATION A L'ORDRE DE LA DIVISION

Barraux Frank, Etienne, sergent-chef, C.B. 2 - 4e R.T.M.

" Excellent sous-officier observateur qui s'était déjà distingué à la tête d'un groupe de voltigeurs en Tunisie, puis ensuite en Italie où il a toujours porté son observatoire aux endroits les plus exposés pour renseigner utilement le bataillon. Pendant la période du 25 octobre au 10 novembre 1944, a occupé un observatoire battu par l'artillerie et les mortiers ennemis. Lors de l'offensive de novembre 1944, a toujours progressé dans les éléments de tête du bataillon. S'est installé le 17 novembre 1944 an matin dans les ruines du château de Bon Villars capturant un prisonnier ; l'après-midi, a entraîné son groupe d'observateurs dans le sillage des chars, sur la route de Champey battue par les rafales d'armes automatiques ".

La présente citation comporte l'attribution de la Croix de guerre avec étoile d'argent.

A L'ORDRE DE LA DIVISION

" Chef de l'observatoire du Bataillon, calme et courageux, s'était déjà distingué en Tunisie, en Italie et à la prise de Belfort. Du 6 an 19 janvier 1945, a installé son observatoire au sommet de la première maison d'Anspach-le-Haut, soumise aux tirs ajustés de l'ennemi, a fourni de très précieux renseignements sur le secteur Thann- Cernay. Lors de l'offensive, installé d'abord en haut de l'asile

Saint-André du 20 au 23 janvier, l'observatoire a repéré une batterie de mortiers et une batterie d'artillerie de gros calibre qui ont pu être efficacement contre-battues par notre artillerie alors que l'observatoire lui-même repéré des tirs incessants d'artillerie dont de nombreux coups au but. Enfin, du 27 janvier au 1er février 1945, au Puits Amélie, malgré les coups d'automoteur et de mortiers arrosant l'observatoire, a repéré plusieurs chars et automoteurs tirant de Wittelsheim qui furent détruits ou endommagés par notre artillerie ".

La présente citation comporte l'attribution de la Croix de guerre avec étoile d'argent.

" Excellent sous-officier, chef des observateurs du bataillon, d'un calme et d'un courage exceptionnels en toutes circonstances au combat. Dans la nuit du 20 au 21 avril 1945, au cours de l'attaque ennemie, sur le village de Nufringen, s'est porté spontanément au contact immédiat de l'ennemi qui, appuyé d'automoteurs, avait pris pied dans nos premières défenses. A force de ténacité, a réussi à enrayer la progression de l'ennemi et à lui infliger de très lourdes pertes en hommes et en matériel. A été mortellement frappé par une balle en se portant à l'assaut de l'un des derniers ilôts de résistance, défendu par plusieurs armes automatiques ".

Cette citation comporte l'attribution de la Croix de guerre avec palme.