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Léon Azemar était fils d'officier. C'est la carrière de son père qui l'avait amené à être élève du lycée Gouraud.

 

Au lieu de s'orienter à son tour vers la vie militaire, il s'était senti attiré par la mer. Il venait d'entrer à l'Ecole des officiers de la marine marchande lorsque survint 1a guerre. Le sort cruel de son père, chef d'escadron au 1er régiment de Spahis, fait prisonnier avec l'armée du Nord et mort à Lyon, le 9 mars 1941, le jour même où il rentrait de captivité, opéra en lui la transformation décisive qui, d'adolescent qu'il était presque encore, le fit homme, ne brûlant que de combattre, appelant même, comme un sort glorieux, la mort sur le champ de bataille.

 

Il rejoint l'Afrique du Nord et prend part, dans les rangs du 3e régiment de chasseurs d'Afrique, à la campagne d'Italie, où son attitude décidée mérite déjà une citation à l'ordre de la division :

 

" Aspirant chef de peloton de reconnaissance ayant toujours fait preuve d'un beau courage au feu. A déjà effectué des patrouilles en avant des lignes, le 15 mai 1944 devant San Giorgio, et le 29 mai à Ceccano. Le 21 juin 1944 au cours de la marche sur Pienza, les éléments de tête étant sérieusement accrochés, a assuré sous le feu violent la liaison avec les chars américains qu'il a dirigés lui-même afin de dégager les éléments amis ".

 

Lors du débarquement du mois d'août, en Provence, il est de nouveau en contact avec nos alliés et les opérations de Toulon lui valent la Silver Star Medal, avec la citation suivante :

 

" Jeune aspirant plein de flamme, toujours volontaire pour les missions de reconnaissance. Le 24 août 1944, chargé de reconnaître avec son peloton le quartier Aiguillon, devant Toulon, a été pris à partie par de nombreux tirs d'armes automatiques. Après au long combat de rues, a réussi par son esprit offensif a nettoyer complètement le quartier, permettant ainsi l'avance de

l'infanterie ".

 

Le voilà sous-lieutenant, toujours à la tête d'éléments de reconnaissance, toujours le premier au danger. Pourtant les mois passent, la guerre touche à sa fin ; aura-t-il la joie de fêter la victoire finale quand retentira le " cessez-le-feu ? " Hélas ! Il faut qu'un double sacrifice fasse de sa famille l'exemple du service mené jusqu'au dévouement total. Léon Azemar a eu la joie d'entrer en Allemagne. Au delà de Karlsruhe, il commence à pénétrer dans le Wurtemberg. Le 6 avril, il arrive, dans sa jeep, en tête de son peloton, aux premières maisons de Maulbrow. Quelques allemands embusqués attendent le détachement avec des armes anti-chars et les éléments de pointe du groupe sont sérieusement pris à partie. Léon Azemar, écrit son colonel, " saute de sa voiture le revolver au poing et engage la lutte à bout portant. Il est tombé frappé d'une rafale de mitrailleuse à la gorge ". Mais les voitures sont sauvées, elles détruisent l'ennemi et occupent le village.

 

La Légion d'honneur à titre posthume lui a été accordée. Sa magnifique proposition résume toute la carrière et toutes les vertus guerrières de Léon Azemar.

 

" Chef d'un peloton de reconnaissance ayant toujours fait preuve du plus bel esprit de sacrifice pendant les campagnes d'Italie, de France et d'Allemagne. Sans cesse à l'avant-garde, donnant journellement à ses hommes un splendide exemple de courage par son sang-froid et son total mépris du danger. Toujours volontaire pour les missions dangereuses. D'un entrain et d'un allant inaltérables au feu, où il était l'âme de son peloton.

 

Le 6 avril 1945, devant Maulbrow (Allemagne) est parti en reconnaissance avec son peloton. Son premier groupe étant sérieusement accroché et encerclé, par un ennemi supérieur en nombre, a été mortellement blessé à la tête de son deuxième groupe en essayant de dégager ses premiers éléments ".