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Pierre Allais naquit à Versailles le 29 juin 1923. C'était un garçon très attachant, sensible, affectueux, gai, enthousiaste. Entré dans le scoutisme dès 1'âge de 8 ans comme louveteau, il devint ensuite éclaireur unioniste, chef de patrouille et enfin chef routier, aussi aimé de ses camarades que de ses chefs scouts. Sportif convaincu, il faisait partie de 1'O-M à Rabat pour l'athlétisme et le tennis. Il pratiqua aussi la natation, la voile et l'aviron au C.V.A.R. puis au C.N.R.

 

Au hasard des garnisons de son père, il fut successivement élève du lycée de Nancy, du collège de Wissenbourg, du lycée de Tunis, du collège de Dourdan. En 1940, au moment de la prise de Paris, il part à bicyclette sous les bombes d'avions. Elève de première au lycée de Rabat, il quitte ensuite la classe de mathématiques élémentaires pour partir à la guerre. Il s'engage le 27 décembre 1942 au 1er régiment de chasseurs d'Afrique. La période d'instruction au Maroc, puis en Oranie, lui paraît longue et monotone. Il est impatient de combattre ; bon sang ne peut mentir.

 

En novembre 1943, il demande à passer dans l'infanterie et en janvier 1944, il est affecté à la 12e Cie du 3e Bat. du 6e R.T.M. Le 12 février il part avec son bataillon en renfort pour l'Italie. Il prend part aux durs combats du Garigliano. Caporal le 10 avril, il participe à la prise d'un sommet difficile au nord de Castelforte. Puis ce sont les âpres batailles des monts Aurunci et Lepini. Les allemands reculent et évacuent Rome. Pierre Allais a la joie de rencontrer son père et de visiter Rome en sa compagnie. Il participe le 22 juin au défilé triomphal des troupes dans la Ville Eternelle. " Des larmes de fierté me montaient aux yeux, écrit-il, la honte de 1940 était vengée ".

 

Passé à la 8e Cie de son régiment réorganisé, Pierre Allais mène les rudes combats du nord de Sienne. Le 15 juillet, au prix de lourdes pertes, sa compagnie franchit, la première, la rivière Elsa au Sud de Certaldo. C'est son dernier combat en Italie.

 

En septembre, Pierre Allais, chef d'une pièce de mortier de 60, débarque à Fréjus. Le 15 octobre le régiment arrive dans les Vosges où il est mis à la disposition de la 3e D.I.A.. Le 2e Bataillon doit s'emparer du Haut du Faing, piton boisé dominant Cornimont. Des combats acharnés se livrent sous la pluie battante. La position est conquise. Les allemands, après plusieurs vaines contre-attaques renoncent à la reprendre, mais ils y concentrent tout le feu de leur artillerie. Les pertes sont considérables. A la 8e compagnie, le capitaine est tué, tous les officiers et sous-officiers sont tués ou blessés. Pierre Allais est tombé le 19 au soir, à son poste de combat, blessé très grièvement par des obus fusants. Il s'écrie : " Je suis perdu, dites à mes parents que je suis mort courageusement, en homme, pour la France ".

 

Evacué à Saulxures où il est soigné par son camarade Clément du lycée de Rabat, il est ensuite transporté à Thiéfosse. Opéré d'urgence il meurt dans l'anesthésie. Il repose à Rupt sur Moselle auprès de ses camarades de combat.

 

Deux fois proposé pour des citations en Italie, il fut cité à titre posthume, a l'ordre du corps d'armée :

 

" Chef de pièce très courageux et plein d'allant ; s'est particulièrement distingue au cours des combats du 15 au 20 octobre 1944 dans les bois du Haut du Faing en ajustant son tir avec le plus beau sang-froid et contribuant par son action personnelle à l'échec d'une contre-attaque ennemie. A été mortellement blessé le 19 octobre à son poste de combat ".

 

Cette citation comporte l'attribution de la Croix de guerre avec étoile de vermeil.

 

D'autre part, son unité, le 2e Bat. du 6e R.T.M., fut citée à l'Ordre de l'Armée pour les combats du Haut du Faing.