albouy_jean.jpg (10549 octets)

 

 

Né à Versailles le 24 juillet 1919 ; mort en héros dans les Vosges le 6 novembre1944.

Jean Albouy était fils d'un officier des affaires indigènes. C'est ainsi qu'il vint au Maroc et fut élève au lycée Gouraud de 1932 à 1934, terminant ensuite ses baccalauréats comme élève du lycée de Toulouse.

C'était un garçon plein de vie et d'entrain, sportif, enthousiaste ; la joie de vivre éclatait sur son visage franc et ouvert qu'éclairait un sourire d'une étonnante jeunesse. Aussi affectueux à l'égard de ses parents que dévoué et généreux avec ses camarades, Jean Albouy ne suscitait que sympathies autour de lui.

Il préparait Saint-Cyr au lycée Janson de Sailly quand survint la guerre.

Mobilisé en 1940 au 4e R.T.M. à Taza, il fut ensuite désigné pour suivre le peloton des élèves aspirants à Cherchell. A l'armistice, il revint au 4e R.T.M. à Taza.

Affecté comme aspirant au 3e R.T.M. à Port-Lyautey en novembre 1942, il s'impatienta vite dans l'inaction puisqu'on pouvait enfin se battre, et demanda à passer dans les goums avec l'espoir de partir tout de suite. Il fut affecté en effet à un tabor à M'Kheila (chez les Zaërs) mais, à sa vive déception, l'ordre de départ pour le front n'arrivait pas vite là non plus.

Et c'est seulement après plusieurs demandes réitérées qu'en juillet 1944 qu'il reçut enfin l'ordre tant attendu, alors qu'il venait de fêter son galon de sous-lieutenant.

Débordant de joie et de confiance, il alla rejoindre le 2e groupe de tabors marocains à Ajaccio le 14 août.

Deux jours après ce fut le grand débarquement en Provence. Après avoir pris pied sur le sol français à

Sylvabelle près de Saint-Tropez, Jean Albouy participa aux rudes combats pour la prise d'Aubagne-tene et de Marseille. Quel enthousiasme dans toutes ses lettres. " C'est très dur mais magnifique de reprendre son sol " écrivait-il.

C'est là qu'il gagne sa première citation à l'ordre du corps d'armée :

" Albouy Jean, sous-lieutenant G.G.E. du 1er Tabor, jeune officier intelligent et énergique qui s'est dépensé sans compter au cours des combats en terre française du 21 au 27 août 1944 dans la région de Marseille. A en particulier, dirigé personnellement au cours des combats d'Aubagne le 1er août 1944, une patrouille de pointe, capturant des prisonniers allemands, et permettant la conquête des derniers objectifs, malgré un sévère barrage d'armes automatiques adverses ".

Il prend part ensuite aux opérations dans les Alpes puis dans les Vosges comme chef de section du 58e Goum marocain.

Là encore il se distingue bien vite et obtient sa deuxième citation à l'ordre du corps d'armée :

" Albouy Jean, sous-lieutenant du 58e Goum, excellent chef de section et remarquable entraîneur d'hommes. Du 11 au 15 octobre 1944, a constamment opéré à l'avant-garde du Goum, en s'infiltrant avec un rare sens de la manœuvre parmi les résistances allemandes et facilitant la capture de plusieurs prisonniers. A joué ainsi un rôle essentiel dans le succès du 58e Goum devant Cornimont ".

Mais ce n'est pas impunément que Jean Albouy s'exposera ainsi sans cesse à l'avant de ses troupes au plus fort du danger. Le 6 novembre dans les Vosges, à la ferme du Xatis près de Gérardmer il livre à la tombée de la nuit un combat acharné dans une forêt de sapins où il s'accroche avec quelques goumiers. Se sachant visé depuis un moment par un tireur d'élite embusqué dans un arbre, Jean Albouy continue de combattre et il tombe frappé d'une balle en plein front, mort digne du beau soldat qu'il est après une magnifique carrière de trois mois de combats.

La citation posthume qui accompagne sa nomination comme chevalier de la Légion d'honneur relate ce suprême épisode :

AU GRADE DE CHEVALIER

" Albouy Jean, sous-lieutenant du Ne groupe de Tabors, officier d'un courage et d'un allant extraordinaires, digne des plus belles traditions de l'armée. A toujours fait preuve de magnifiques qualités militaires. Le 6 novembre 1944, lors de l'attaque du Xatis, s'est toujours trouvé personnellement à l'extrême pointe du goum. A trouvé une mort glorieuse en pleine section, alors que l'arme à la main il protegeait le repli de son unité. Cette nomination comporte l'attribution de la Croix de guerre avec palme ".